Encore en 2010, les passions des peuples versus Pettigrew et les hautes études: l'arrogance du Sommet des Amériques 2001 [opinion]

À l'émission radiophonique Retour sur le monde à Radio-Canada (12 mai 2010), quand j'ai entendu Pierre Pettigrew, l'ancien ministre canadien du Commerce extérieur, et Louis Bélanger, professeur à l'Institut québécois des hautes études internationales (Université Laval), nous dire comment les gens n'ont pas saisi les vertus du libre-échange, les passions de 2001, de notre lutte collective, me sont revenues en force.  Leur arrogance, leurs certitudes, où nous ne sommes à leurs yeux que de pauvres ignares hors de leurs clubs sélects.  Sébastien Bouchard, qui milita au sein de la coalition Opération Québec Printemps 2001 (OQP2001) fut aussi invité à cette table ronde.

Ce flashback de leur arrogance de 2001 à 2010 tombe à pic, car je souhaites dénoncer à nouveau leur élitisme au G20/G8 à Toronto en juin 2010.

Permettez-moi ci-dessous, pour réagir à cette pénible entrevue radiophonique, de tenter d'exprimer une partie du sens de notre refus total de leur ZLÉA et de leur mondialisation néolibérale...

- opinion de Michaël Lessard (12 mai 2010 à Québec), membre jadis d'OQP2001 et responsable des communications [2003-2017] du Réseau du Forum social de Québec Chaudière-Appalaches.


 

Forte déception : tous les peuples sont bafoués

Je suis grandement déçu de ce débat où deux théoriciens du libre-échange, fort en rhétorique (discours), ont été confrontés presque uniquement à une autre théorie dite protectionniste (sauf mon respect pour Sébastien Bouchard qui a tenté d'aborder d'autres enjeux et dont le droit de parole était moindre que ces deux messieurs).

Mais vraiment, tous les peuples qui ont refusé la ZLÉA et les 50,000 personnes qui ont marché à Québec, dont plusieurs venaient de partout dans le monde, sont simplement traités comme des imbéciles, ignorants, sans moindrement chercher à entendre ou respecter les raisons de leur refus. L'élitisme de ces deux messieurs est manifeste (sans pour autant être intentionnel évidemment), mais j'ai peur que la plupart n'entendent simplement leurs belles théories.

Notre refus de la ZLÉA était total, profond et lucide. Les raisons profondes étaient liées à

  • l'absence totale de démocratie dans leur processus où il y a seulement l'exécutif des gouvernements et certains forums de grands entrepreneurs (les parlementaires n'avaient même pas accès aux textes: il a fallu se battre pour que les textes de la ZLÉA soient rendus publics);
  • à la primauté du droit commercial sur les droits humains et nos normes environnementales et publiques (voire le tribunal aucunement transparent de l'ALÉNA) alors que nous voulons la primauté des droits humains et des droits des peuples sur les traités économiques;
  • à comment les traités de libre-échange représentent la mondialisation néolibérale où l'ensemble des enjeux sociaux et progressistes est bafoué, qu'il s'agisse d'écologie, de féminisme, des peuples autochtones, des ressources naturelles, des services publics, etc.
  • à comment les clauses sociales dans les traités commerciaux internationaux n’ont pratiquement aucun impact (c'est un fait démontrable et même L'Union européenne ne tente plus d'en ajouter aux traités commerciaux);
  • et donc à notre absence totale de confiance en ces politicien-nes élitistes nord-américains; et avec raison.

On juge selon vos actions et vos pratiques, pas selon vos beaux discours et vos principes et droits imaginaires!

Les gens ordinaires et les peuples, nous nous sommes fait avoir avant et n'avons AUCUNE influence sur ces accords, pas même à travers nos parlementaires élus, alors notre refus était total. Ce n'est pas comme si les mouvements sociaux des Amériques pouvaient négocier quoique ce soit là dedans.

Je les connais leurs théories, j'ai moi-même étudié à l'Institut québécois des hautes études internationales. Ce sont de très belles théories, rationnelles, si seulement tout était égal par ailleurs (lire: rationnelles uniquement dans un modèle économique imaginaire qui ne tient pas compte de la réalité humaine dont la politique). J'ai constaté que les traités de libre-échange ne sont pas réellement du libre-échange et ne respectent pas réellement les belles théories. Ce débat entre théories économiques libérales (Bélanger et Pettigrew) et théories économiques interventionnistes (Séb. Bouchard) ne mène pas à grand-chose. Dans la réalité, ces traités sont bourrés de pièges et de protectionnisme qui avantage les pays plus riches (Canada, États-Unis). Mais, surtout, dans la pratique, les droits des gens et des peuples ne sont jamais protégés par ces traités économiques négociés en hauts lieux.

M. Bélanger affirme que les traités de libre-échange n'empêchent aucunement les États de réglementer.  C'est plus que contestable comme affirmation, mais je ne vais contester par quelques simples phrases ici (faudrait qu'on expose les règles de l'ALÉNA).  Nous avons refusé et refusons toujours car, dans ces processus, il n'y a rien pouvant mériter la confiance des gens : pendant que les règles commerciales gagnent des lois claires et internationales, nos droits demeurent des normes plus vagues et si fragiles.

C'est une question de démocratie, d'exclusion de la société civile, de pouvoir inégal, de la « guerre économique » si je puis dire.  M'enfin, les pays du Sud ont refusé.

Pendant ce temps le Canada a signé des accords de libre-échange avec plusieurs pays. Le Canada suggère un accord avec L'Union européenne en ce moment, prévu pour 2011. L'Europe a une culture politique plus sérieuse et mature: elle devrait résister un peu mieux à ces théories très virtuelles ou vertueuses et devrait voir plutôt les implications concrètes des traités.  Est-ce le cas ?  La majorité des gouvernements européens étant néolibéraux, ils vont continuer à intégrer les marchés et les professeur-es de hautes études continueront de nous dire que ces traités ne limitent pas notre capacité à appliquer nos droits démocratiques et à protéger les ressources naturelles.

Ce n'est que ma réaction initiale, avec le désir d'affirmer nos revendications communes et fondées*, quelques minutes après avoir entendu « ce débat » décevant. Visiblement, les mouvements sociaux et les gens qui désirent le respect effectif des droits des peuples ont encore un chaud combat à mener pour se faire entendre.


 

Rappel historique - À Québec

 

[logo d'OQP2001: dans un style panneau routier orange, une forme masculine et une forme féminine dépose ensemble la ZLÉA et l'ALÉNA dans une poubelle.][image - logo de la Convergence des luttes anticapitalistes: une forme de foule aux poings levés avec un drapeau noir. Sous-titre: CASA - Comité d'accueil du Sommet des Amériques][image - logo du Centre des médias alternatifs du Québec: simple CMAQ avec un peu de couleur, et le logo du réseau Indymedia: un i avec des vagues de sons]

En avril 2001, ce fut une mobilisation citoyenne incroyable et historique où, par exemple, les mouvements sociaux et collectifs indépendants ont accueilli environ 20,000 personnes arrivant de l'extérieur de Québec!  Les militant-es à Québec étaient le plus souvent réunis au sein des coalitions OQP2001 et de la CASA.  Le samedi 21 avril 2001, des données factuelles permettent d'estimer qu'il y avait plus de 50,000 personnes qui manifestaient à divers endroits autour du centre-ville et en basse-ville.

Historique aussi parce que la Coalition Opération Québec Printemps 2001 (OQP2001) était 34 groupes de Québec qui ont travaillé ensemble pendant plus d'une année pour préparer la résistance à ce sommet. Une telle concertation entre les groupes sociaux était historique et donna naissance, en 2002, au Réseau du Forum social de Québec Chaudière-Appalaches.
:: Voir le Manifeste et les revendications d'OQP2001, qui regroupait 34 groupes et regroupements de Québec !

Historique aussi l'apparition d'un pôle radical autonome, à très forte coloration libertaire, organisé autour de la Convergence des luttes anticapitalistes et du Comité d'accueil du Sommet des Amériques [source: Voix de faits].

Voir les Archives Québec 2001

Radicalisme et capitalisme :

* Pour rallier les diverses raisons et motivations des groupes et regroupements, nos positions ci-dessus n'abordaient pas la question radicale de la société que nous voulons créer, libérée du capitalisme (antidémocratique à la racine même).  D'ailleurs, la question du mot capitalisme est une des raisons pourquoi le collectif CASA et la CLAC étaient indépendants d'OQP2001.  Ainsi, ma réplique est inspirée des positions d'OQP2001 et j'aimerais insister sur le fait qu'il s'agit de revendications minimales, exigeant le minimum de respect des droits et de la démocratie ; chose incompatible avec le néolibéralisme.  Même s'il s'agit du minimum à imposer actuellement aux États ; les membres d'OQP2001 souhaitaient néanmoins « créer un autre monde », mais utilisaient des termes estimés plus compréhensibles pour les gens.
Désolé pour les nombreux autres groupes un peu oubliés à travers le Québec, le Canada et l'ensemble des Amériques, comme le GOMM (Montréal), le RQIC et au moins une centaine d'autres.
- message rédigé par Michaël Lessard
( membre jadis d'OQP2001 et Responsable des communications [2003-2017] du Réseau du Forum social de Québec Chaudière-Appalaches )

Activités en continu

Émissions de radio alternatives à Québec

Mise à jour complète - Septembre 2018 - Avisez-nous s'il manque une émission d'intérêt public.

   Il s'agit d'émissions sur les ondes radios communautaires de CKIA (88,3 FM), CKRL (89,1 FM) et CHYZ (94,3 FM).  Nous souhaitons donner plus de visibilité aux émissions radiophoniques indépendantes ayant un caractère engagé ou même progressiste. »»»

Ateliers grands publics - Métiers d’art pour tous/toutes à Québec

Située au cœur du dynamique quartier Saint-Roch, la Maison des métiers d'art de Québec offre des ateliers grand public animés par des artisans-créateurs professionnels, dans un contexte de formation favorisant une pédagogie individualisée.  Les locaux de la MMAQ sont vastes et dotés d'équipements spécialisés.

Plus de 30 ateliers, dont céramique, sculpture, textile, dessin, etc. !

  • NOUVEAU : session hiver 2019 : les inscriptions se font en ligne et les liens sont disponibles sur la page de chaque cours (lien ci-dessus)
  • Les ateliers durent entre 6 et 30 heures et le coût varie entre 100 et 250 $, que vous pouvez payer en deux versements. 
  • Toutes les inscriptions se font en ligne (ne pas confondre avec paiement) dans l'article de l'atelier qui vous intéresse sur le site ici de la MMAQ.  Après avoir complété votre inscription, il vous sera possible de payer tout de suite en ligne ou plus tard (par chèque ou en personne).

Canal Savoir - Tant de choses à découvrir gratuitement

Un grand nombre de vidéos, de qualité, sur divers sujets sont à votre disposition gratuitement sur le site du Canal Savoir.  Les sujets sont variés : divers enjeux démocratiques, environnement, histoire, l'inclusion des personnes différentes, santé, sciences en tout genre, solidarité et coopération internationales, etc.

Le Canal Savoir est un organisme sans but lucratif dédiée à la diffusion et à la vulgarisation des connaissances et de témoigner de l'effervescence des milieux de création du savoir.

Logo de l'émission Planète Terre : un globe terrestre sur un fond de nuages cosmiques bleu vaporeux. Les continents sont blancs.Par exemple, le CESIQ vous recommande l'émission Planète Terre (émission pour mieux comprendre l'actualité internationale avec l'aide d'expert.es du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal).

Ateliers et services gratuits dans Vanier et Duberger (45ans+)

Logo : dessin d'un phare maritime.À tous les mois, pour les personnes de 45 ans et plus, il y a plusieurs ateliers/rencontres sur divers thèmes organisés par la Fraternité de Vanier, ainsi que des services utiles dont notamment des repas chauds à domicile (! 5.5 $) et un transport pour vos rendez-vous médicaux (il faut contribuer au coût de l'essence seulement) !

Exemples de thèmes des rencontres : les Neurones grises à la Bibliothèque Duberger, la cuisine, les émotions et le rire, etc.

Site ou appelez 418-683-2400 / fraternitedevanier /arobas/ videotron.ca

SPOT : clinique itinérante

Logo: le O et le T ont un rond, comme une tête de personnages. Clinique communautaire de santé et d'enseignement.SPOT est une clinique à l'intention des personnes marginalisées et de celles en situation de vulnérabilité sociosanitaire, non rejointes par l'offre de soins et services, qui en plus d'offrir des soins et services adaptés, permettra de former, dans un contexte de collaboration interdisciplinaire, une relève professionnelle sensibilisée aux enjeux sociaux et aux besoins de santé de cette clientèle.

Elle est le fruit d'une grande collaboration des intervenant-es de terrain, universitaires, étudiant-es et des services de santé de la Capitale.

 www.cliniquespot.org ou 418-803-3398

 

NOUVEAU (2019) point de services dédié à la santé des femmes (incluant trans et queer) à la YWCA Québec tous les jeudis (dès le 7 février), de 12 h 30 à 15 h 30.

Comité CPU3S : un lieu d'entraide et de partage des expériences qui organise des sorties pour tous/toutes. Contact - Simon Vermette : pairaidant /arobas/ cliniquespot.org

Comité SPOT UL (université Laval) : voir leurs activités sur Facebook

Expositions ...

Pour les expositions et les activités artistiques,
nous recommandons l'agenda offert par la Ville de Québec et le média Quoi faire à Quebec

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