Des minières canadiennes au banc des accusés (Le Devoir)

Certes, le TPP n'a pas le pouvoir de condamner ni même de poursuivre les compagnies minières canadiennes qui sont mises dans ce cas-ci sur la sellette. Les minières n'étaient d'ailleurs pas présentes pour assumer leur défense, quoiqu'elles aient été invitées à y assister. Ce genre de tribunal, qui est en quelque sorte une tribune pour la société civile, vise plutôt à donner la parole aux communautés, mais aussi à sensibiliser la population en ce qui concerne les violations des droits humains.

Pour la première fois en Amérique du nord, un Tribunal des peuples se prononce sur l'industrie 

- par Mélanie Loisel dans le journal Le Devoir, 2 juin 2014.

Cinq compagnies minières ont été montrées du doigt, en fin de semaine, lors du Tribunal permanent des peuples (TPP) qui se déroulait pour la première fois à Montréal. Pendant deux jours, un jury composé de huit experts internationaux a été appelé à évaluer l'impact des activités minières de Barrick Gold, Goldcorp, Tahoe Resources, Blackfire Exploration et Excellon Resources en Amérique latine.

Après avoir entendu de nombreux témoins et spécialistes, ils en sont venus à la conclusion que « ces minières seraient responsables de plusieurs violations des droits de l'Homme et que le gouvernement canadien est en partie responsable pour ne pas les avoir empêchées et même pour avoir facilité ces violations. »

« Les compagnies minières canadiennes agissent souvent comme de nouveaux colonisateurs. Elles arrivent dans les pays, prennent possession des terres et violent les droits des peuples à l'autodétermination », a déploré Mireille Fanon-Mendès-France, l'un des huit experts qui siégeaient dans le jury, lors de la lecture du verdict dimanche après-midi. Cette spécialiste française, qui oeuvre au Conseil des droits de l'Homme à l'ONU, a principalement dénoncé les discriminations causées par les activités minières canadiennes sur les peuples autochtones et les communautés avoisinantes.

Gérald Larose, professeur de travail social à l'UQAM et aussi membre du jury, a pour sa part indiqué que les violations commises par les minières canadiennes pouvaient varier d'un pays à l'autre. « Après avoir entendu de nombreux témoignages, nous avons pris connaissance de plusieurs irrégularités graves allant d'actes de discrimination à des violences envers des membres de communautés affectées par leurs activités », a-t-il déclaré.

Témoignages

Lors de la fin de semaine, une quinzaine de témoins venus du Honduras, du Chili, du Guatemala, du Mexique et de l'Équateur ont d'ailleurs défilé pour raconter ce qui se passait dans leur pays et pour expliquer les conséquences des activités des compagnies canadiennes sur leur qualité de vie. L'un d'entre eux, Pedro Landa a raconté que des contaminants avaient été laissés sur l'ancien site minier de San Martin, auparavant exploité par Goldcorps et sa filiale Entre Mares, dans la vallée de Siria au Honduras. « La mine est maintenant fermée, mais ils ont laissé un dépôt de contaminants dans lequel on retrouve du sulfure et c'est dangereux pour la santé. Au moins 27 personnes ont été malades jusqu'à présent », a-t-il affirmé.

La sociologue Lina Solano Ortiz est pour sa part venue raconter que les femmes des communautés étaient souvent les premières victimes des activités minières. « En 2007, on a dû déplacer une partie de la population pour ouvrir la mine près du lac Isabal au Guatemala et plusieurs femmes ont été violées lors de la délocalisation », a-t-elle dit. « Ce ne sont pas nécessairement des employés des compagnies minières canadiennes qui commettent directement ces violations, mais quand les gens sont forcés de quitter leur demeure, ce genre de situation peut malheureusement arriver », précise-t-elle.

Certes, le TPP n'a pas le pouvoir de condamner ni même de poursuivre les compagnies minières canadiennes qui sont mises dans ce cas-ci sur la sellette. Les minières n'étaient d'ailleurs pas présentes pour assumer leur défense, quoiqu'elles aient été invitées à y assister. Ce genre de tribunal, qui est en quelque sorte une tribune pour la société civile, vise plutôt à donner la parole aux communautés, mais aussi à sensibiliser la population en ce qui concerne les violations des droits humains. Depuis 1979, une quarantaine de TPP ont été organisés dans le monde sur divers sujets, notamment sur le génocide arménien, le droit d'asile en Europe ou encore les violations des droits humains en Algérie.

« On a voulu organiser ce TPP pour que les Canadiens sachent ce qui se passe à l'étranger et pour dénoncer par le fait même le virage de la politique étrangère canadienne qui est de plus en plus axée sur ces entreprises », explique Gérardo Aiquel, le coordonnateur du TPP de Montréal. « Que ce soit Exportation et Développement Canada, qui aide les minières par divers soutiens financiers, ou l'ACDI, qui appuyait les démarches dans certains pays de l'Amérique latine pour alléger les lois minières, le TPP permet de voir quelle est notre part de responsabilité », ajoute-t-il en rappelant que plus de 230 entreprises minières canadiennes opèrent en Amérique latine. À vrai dire, près de 1500 projets miniers y étaient enregistrés en 2013 et étaient exploités par des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto.

Direction Ottawa

À ce sujet, la représentante du secrétaire international de la FIAN à Genève, Ana Maria Suarez Franco, note que les Canadiens ont le pouvoir de demander des comptes et même d'influencer les activités des minières canadiennes. « Comme ces activités sont en Bourse, les contribuables canadiens ont souvent des actions dans ces entreprises via leurs fonds de pension. Ils ont le droit de demander des comptes aussi au gouvernement qui favorise le climat d'affaires des minières », rappelle-t-elle.

Le professeur de droit international à l'Université de Tarragona Antoni Pigrau Solé a pour sa part tenu à dire que les Canadiens ont le devoir de s'informer sur les activités des minières et aussi de leur gouvernement qui crée les conditions de violations des droits humains en Amérique latine. « À la lumière des conventions internationales et des nombreux témoignages, nous pouvons juger que l'État canadien a une responsabilité à la fois par ses actions favorisant à outrance l'industrie extractive et son inaction face aux violations des droits commis par les minières canadiennes », a-t-il dit lors de la lecture des conclusions.

Ces prochaines semaines, les membres du TPP feront parvenir leurs conclusions et leurs recommandations au gouvernement Harper, de même qu'à la Commission interaméricaine des droits humains et aux Nations unies. Ce mardi, un petit groupe de militants se rendra aussi à Ottawa pour remettre au gouvernement un rapport sur les violations des droits humains commises par les minières canadiennes en Amérique latine, où 22 cas ont été examinés dans divers pays. 

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L'article original sur le site du journal Le Devoir (accessible au public, aux non-abonnés)

Activités en continu

Personne n'a sa place ici plus que toi (exposition)

Dessin très difficile à décrire : représente peut-être un village autochtone vu du ciel. Des crayons semblent dessiner dans le dessin.  Des lignes droites pointent vers certains aspects.Exposition du 11 janvier au 3 février 2019

9 h à 17 h les lundis aux vendredis | Midi à 17 h les samedis/dimanches
Le Lieu, centre en art actuel : 345 rue du Pont, à Québec

Vernissage le 11 janvier dès 19 h

Le collectif AM occupe les murs de la galerie Le Lieu avec une série de dessins qui ont été produits au cours des cinq dernières années, depuis leur retour au Québec.  Tous deux issus du milieu autochtone, les artistes parlent directement des politiques agressives du gouvernement canadien qui ont strictement interdit aux nations autochtones de s'exprimer artistiquement.  Ces dessins sont réalisés à la façon des automatistes, en privilégiant spontanéité, intensité émotionnelle et simplicité.  Ils deviennent alors le symbole d'une reprise de confiance en soi et d'une nouvelle génération d'autochtones qui peut s'exprimer librement.  Deux sculptures viennent compléter l'installationL'exposition se place sous le ton de l'humour où l'abstraction et l'approche intuitive permettent de métisser les frontières entre l'art visuel, l'engagement politique et le design.

L'événement sur Facebook

Émissions de radio alternatives à Québec

Mise à jour complète - Septembre 2018 - Avisez-nous s'il manque une émission d'intérêt public.

   Il s'agit d'émissions sur les ondes radios communautaires de CKIA (88,3 FM), CKRL (89,1 FM) et CHYZ (94,3 FM).  Nous souhaitons donner plus de visibilité aux émissions radiophoniques indépendantes ayant un caractère engagé ou même progressiste. »»»

Ateliers grands publics - Métiers d’art pour tous/toutes à Québec

Située au cœur du dynamique quartier Saint-Roch, la Maison des métiers d'art de Québec offre des ateliers grand public animés par des artisans-créateurs professionnels, dans un contexte de formation favorisant une pédagogie individualisée.  Les locaux de la MMAQ sont vastes et dotés d'équipements spécialisés.

Plus de 30 ateliers, dont céramique, sculpture, textile, dessin, etc. !

  • NOUVEAU : session hiver 2019 : les inscriptions se font en ligne et les liens sont disponibles sur la page de chaque cours (lien ci-dessus)
  • Les ateliers durent entre 6 et 30 heures et le coût varie entre 100 et 250 $, que vous pouvez payer en deux versements. 
  • Toutes les inscriptions se font en ligne (ne pas confondre avec paiement) dans l'article de l'atelier qui vous intéresse sur le site ici de la MMAQ.  Après avoir complété votre inscription, il vous sera possible de payer tout de suite en ligne ou plus tard (par chèque ou en personne).

Canal Savoir - Tant de choses à découvrir gratuitement

Un grand nombre de vidéos, de qualité, sur divers sujets sont à votre disposition gratuitement sur le site du Canal Savoir.  Les sujets sont variés : divers enjeux démocratiques, environnement, histoire, l'inclusion des personnes différentes, santé, sciences en tout genre, solidarité et coopération internationales, etc.

Le Canal Savoir est un organisme sans but lucratif dédiée à la diffusion et à la vulgarisation des connaissances et de témoigner de l'effervescence des milieux de création du savoir.

Logo de l'émission Planète Terre : un globe terrestre sur un fond de nuages cosmiques bleu vaporeux. Les continents sont blancs.Par exemple, le CESIQ vous recommande l'émission Planète Terre (émission pour mieux comprendre l'actualité internationale avec l'aide d'expert.es du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal).

Ateliers et services gratuits dans Vanier et Duberger (45ans+)

Logo : dessin d'un phare maritime.À tous les mois, pour les personnes de 45 ans et plus, il y a plusieurs ateliers/rencontres sur divers thèmes organisés par la Fraternité de Vanier, ainsi que des services utiles dont notamment des repas chauds à domicile (! 5.5 $) et un transport pour vos rendez-vous médicaux (il faut contribuer au coût de l'essence seulement) !

Exemples de thèmes des rencontres : les Neurones grises à la Bibliothèque Duberger, la cuisine, les émotions et le rire, etc.

Site ou appelez 418-683-2400 / fraternitedevanier /arobas/ videotron.ca

SPOT : clinique itinérante

Logo: le O et le T ont un rond, comme une tête de personnages. Clinique communautaire de santé et d'enseignement.SPOT est une clinique à l'intention des personnes marginalisées et de celles en situation de vulnérabilité sociosanitaire, non rejointes par l'offre de soins et services, qui en plus d'offrir des soins et services adaptés, permettra de former, dans un contexte de collaboration interdisciplinaire, une relève professionnelle sensibilisée aux enjeux sociaux et aux besoins de santé de cette clientèle.

Elle est le fruit d'une grande collaboration des intervenant-es de terrain, universitaires, étudiant-es et des services de santé de la Capitale.

 www.cliniquespot.org ou 418-803-3398

 

Comité CPU3S : un lieu d'entraide et de partage des expériences qui organise des sorties pour tous/toutes. Contact - Simon Vermette : pairaidant /arobas/ cliniquespot.org

Comité SPOT UL (université Laval) : voir leurs activités sur Facebook

Expositions ...

Pour les expositions et les activités artistiques,
nous recommandons l'agenda offert par la Ville de Québec et le média Quoi faire à Quebec

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